Arthrose du genou
L’arthrose du genou, ou gonarthrose, est une pathologie dégénérative du cartilage articulaire touchant un ou plusieurs compartiments du genou. Elle provoque douleurs, raideur et limitation fonctionnelle progressive. Favorisée par l’âge, le surpoids, les déformations axiales ou les antécédents traumatiques, elle nécessite d’abord un traitement médical. Lorsque celui-ci devient insuffisant, des solutions chirurgicales conservatrices ou prothétiques peuvent être envisagées.
Qu’est-ce que l’arthrose du genou
L’arthrose du genou correspond à une usure progressive du cartilage articulaire. Le genou comprend trois compartiments :
- interne (entre fémur et tibia côté intérieur),
- externe (entre fémur et tibia côté extérieur)
- fémoro-patellaire (entre fémur et rotule).
L’arthrose peut toucher un seul compartiment ou l’ensemble de l’articulation.
Lorsque le cartilage s’use et disparaît, les os frottent directement l’un contre l’autre. Ce phénomène entraîne :
- Une inflammation de l’articulation avec production de liquide (épanchement articulaire ou “genou gonflé”)
- Des modifications osseuses : usure par endroits et formation d’excroissances (ostéophytes) à d’autres
- Une déformation progressive de l’axe du membre inférieur (jambes arquées ou en X)
Quelles sont les conséquences de la gonarthrose au quotidien ?
Une arthrose du genou évolutive peut entraîner :
- Des douleurs liées à l’inflammation, au frottement osseux et à la mise en tension des structures articulaires
- Une limitation progressive des mouvements (enraidissement), notamment de la flexion et de l’extension complète
- Une perte de force musculaire, particulièrement du quadriceps, par sous-utilisation
- Des troubles de la marche avec boiterie pouvant retentir sur l’autre genou, les hanches ou la colonne vertébrale
L’arthrose évolue de façon variable d’un patient à l’autre, sur plusieurs mois ou années. Certaines formes progressent lentement avec des périodes de stabilisation, d’autres évoluent plus rapidement avec des poussées inflammatoires douloureuses.
Quels sont les facteurs de risque ?
Plusieurs éléments peuvent accélérer l’apparition ou l’évolution de l’arthrose :
- Le surpoids, qui augmente les contraintes mécaniques sur le genou
- Les déformations axiales préexistantes (genu varum ou valgum)
- Les antécédents traumatiques : fractures, entorses graves, lésions méniscales ou ligamentaires
- Certaines activités professionnelles ou sportives sollicitant intensément les genoux
- L’âge, facteur naturel de vieillissement du cartilage
- Les maladies inflammatoires articulaires (polyarthrite rhumatoïde, etc.)
Le diagnostic de l’arthrose du genou
L’examen clinique
Votre médecin ou votre chirurgien en vous examinant pourra apprécier :
- La localisation de votre douleur : au niveau du genou sur la partie interne ou externe et sur la rotule.
- L’intensité de la douleur (le nombre de prises de médicaments nécessaires pour la calmer, la limitation des distances parcourues en marchant, un réveil nocturne parfois, etc.).
- La présence d’une boiterie ou l’utilisation de cannes.
En vous examinant, il recherchera une limitation des amplitudes articulaires et le déclenchement d’une douleur lors de certains mouvements, ainsi que l’importance de la déformation de l’axe du membre.
Les examens complémentaires
La radiographie standard suffit le plus souvent à établir le diagnostic. Elle montre une diminution de l’espace normal entre le tibia et le fémur ou entre le fémur et la rotule, confirmant la diminution, voire la disparition du cartilage articulaire (pincement articulaire).
Elle révèle également les ostéophytes et l’éventuelle usure osseuse (géodes). Un grand cliché des membres inférieurs en charge permet d’apprécier l’importance de la déformation et de la désaxation du membre, information essentielle pour la planification chirurgicale.
L’arthroscanner ou l’IRM peuvent être utiles dans certains cas pour mieux analyser les autres compartiments du genou, évaluer l’état des ménisques et des ligaments, notamment si une prothèse unicompartimentale est envisagée.
Le traitement médical de la gonarthrose
En première intention on recommandera toujours un traitement non chirurgical. Il peut comprendre :
- Des antalgiques et anti-inflammatoires pour lutter contre la douleur.
- Des chondroprotecteurs pour protéger le cartilage et en ralentir l’usure.
- Des infiltrations pour lutter contre l’inflammation ou de produit qui permettent de lutter contre l’usure du cartilage. Elles ne pourront pas toutefois être renouvelées trop souvent. Selon l’indication plusieurs type de produits sont utilisables :
- Les corticoïdes sont indiqués pour lutter contre l’inflammation et soulager rapidement la douleur.
- L’acide hyaluronique (viscosupplémentation) restaure la lubrification de l’articulation et atténue les contraintes mécaniques sur le cartilage, avec un effet plus progressif et durable.
- Le PRP (injection de plasma riche en plaquettes autologue) vise à stimuler la réparation tissulaire grâce aux facteurs de croissance, mais les données scientifiques demeurent contradictoires et son bénéfice réel n’est pas clairement démontré.(1)
- Des séances de rééducation pour lutter contre l’enraidissement de l’articulation et la perte de la force musculaire.
Quand opérer ?
L’intervention chirurgicale devient nécessaire lorsque le traitement médical n’a plus suffisamment d’effet, et que le retentissement sur la vie courante devient important.
L’indication dépend de nombreux facteurs, qui varient d’un sujet à l’autre selon par exemple votre mode de vie, votre tolérance à de la douleur ou encore l’efficacité du traitement médical.
En fonction de votre arthrose et de vos attentes, nous déciderons ensemble du type de chirurgie le plus approprié :
- soit une chirurgie conservatrice : l’ostéotomie ;
- soit une prothèse (unicompartimentale ou totale)
Le bilan préopératoire
Si une intervention est décidée, le chirurgien vous demandera un bilan préopératoire complet avec parfois un complément d’examens radiographiques.
Il comprend :
- Une prise de sang.
- Un bilan à la recherche d’un foyer infectieux incluant une panoramique dentaire et une consultation chez votre dentiste (les soins devront être terminés au moins huit jours avant la date de l’intervention) ainsi qu’un un examen bactériologique des urines dont les résultats sont à montrer à votre médecin traitant afin de traiter une éventuelle infection.
- Une consultation chez un cardiologue.
Les traitements chirurgicaux de l’arthrose du genou
L’ostéotomie
L’ostéotomie consiste à couper l’os et à le réorienter pour diminuer les contraintes sur les parties usées du genou et reporter le poids du corps sur les parties saines du cartilage.
L’hospitalisation dure environ 5 à 8 jours et nécessite une période de mise en décharge du membre opéré de 45 jours. La marche se fait avec des béquilles et l’appui ne sera repris que lorsque l’os sera consolidé. De la rééducation sera souvent nécessaire par la suite.
L’ostéotomie est privilégiée chez les patients jeunes (généralement moins de 60-65 ans) et actifs pour plusieurs raisons :
- Elle préserve l’articulation naturelle et repousse la nécessité d’une prothèse de plusieurs années (10 à 15 ans en moyenne)
- Elle maintient une meilleure proprioception et un meilleur ressenti articulaire
- Elle permet de conserver toutes les possibilités de traitements futurs, y compris la prothèse
- Elle autorise un niveau d’activité physique et sportive supérieur à celui possible avec une prothèse
De plus, chez le jeune, une prothèse devrait être changée une ou plusieurs fois au cours de la vie, avec des reprises de plus en plus complexes
La prothèse de genou
Lorsque l’arthrose est trop évoluée, touche plusieurs compartiments, ou concerne un patient plus âgé, la mise en place d’une prothèse devient nécessaire.
- La prothèse unicompartimentale remplace uniquement le compartiment atteint (interne, externe ou rotulien). Elle est indiquée lorsque l’arthrose est limitée à un seul compartiment, avec des ligaments intacts et une mobilité préservée. Cette chirurgie moins invasive permet une récupération plus rapide.
- La prothèse totale de genou remplace l’ensemble des surfaces articulaires (compartiments interne, externe et fémoro-patellaire). Elle est nécessaire lorsque plusieurs compartiments sont usés ou en cas d’arthrose globale. Cette intervention soulage durablement la douleur et restaure la fonction du genou.
Les prothèses modernes offrent d’excellents résultats avec une durée de vie moyenne de 15 à 20 ans. La récupération nécessite une rééducation intensive mais permet un retour aux activités quotidiennes normales et à des loisirs adaptés.
Sources
- Bennell KL, Paterson KL, Metcalf BR, et al. Effect of Intra-articular Platelet-Rich Plasma vs Placebo Injection on Pain and Medial Tibial Cartilage Volume in Knee Osteoarthritis: The RESTORE Randomized Clinical Trial. JAMA. 2021;326(20):2021-30.
FAQ
Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la prise en charge de l’arthrose du genou
L’arthrose provoque des douleurs à la marche, une raideur et parfois un gonflement. Je constate souvent une gêne progressive dans les activités quotidiennes. Le périmètre de marche peut diminuer.
Je commence généralement par un traitement médical associant médicaments, rééducation et parfois infiltrations. L’objectif est de soulager la douleur et maintenir la mobilité. La chirurgie est envisagée en dernier recours.
Dans certains cas, oui. Des solutions comme l’ostéotomie ou une prise en charge adaptée peuvent retarder la pose d’une prothèse. Chaque décision dépend de l’âge, de l’activité et du stade de l’arthrose.
Je la propose lorsque la douleur devient invalidante et que les traitements conservateurs ne sont plus efficaces. Elle permet alors une amélioration significative de la qualité de vie.
Docteur Jacques Lenfant
Je suis chirurgien orthopédiste spécialisé dans la prise en charge des pathologies de la hanche, du genou et de l’épaule. J’accompagne mes patients de la première consultation au suivi post-opératoire avec rigueur et bienveillance.
- Ancien Interne des Hôpitaux de Paris
- Membre de la Société Française de Chirurgie Orthopédique
- Membre de la Société Française d’Arthroscopie
- Membre de l’American Academy of Orthopedic Surgeons